L’épuisement professionnel n’est pas réservé aux salariées. Il concerne également les indépendantes : autoentrepreneures, créatrices, free lance, professions libérales, commerçantes…

La vraie vie des indépendantes

Ces personnes ont choisi leur activité et l’ont construite de A à Z. Elles s’y investissent énormément, car c’est «leur bébé». Elles disposent d’une certaine liberté, prennent leurs propres décisions, n’ont plus de responsable hiérarchique, plus de séminaires d’équipe… Elles choisissent leur rythme de travail. Cela permet, en principe, de mieux concilier la vie professionnelle avec la vie personnelle et  avec les passions. Cela semble idéal!

La réalité des indépendantes, c’est également un quotidien qui n’est pas toujours si simple et idyllique. Leur rythme et leurs contraintes peuvent provoquer beaucoup de fatigue au bout d’un certain temps:

  • Les indépendantes doivent être polyvalentes. Ces personnes sont tout à la fois le secrétariat, la compta, la communication, l’informatique, le marketing digital, la logistique, la création, le pôle commercial, la manutention, etc… de leur entreprise. Cela demande beaucoup d’énergie, de débrouillardise, d’organisation, de compétences, et cela occasionne une forte charge mentale.
  • Les indépendantes n’ont plus d’horaires fixes ou de routine. Ces personnes travaillent de longues heures le jour, le soir, la nuit, le week-end, toute l’année, qu’elles soient malades ou non. Ne bénéficiant pas de salaire fixe, de congés payés, ou d’arrêts maladie, si elles ne travaillent pas, elles ne gagnent rien. Elles doivent travailler beaucoup afin de pouvoir s’octroyer des congés et vivre sur leurs économies pendant ce temps. Cela peut être usant à la longue.
  • Elles doivent se préparer aux « périodes creuses », lors desquelles la demande est moindre, ou plus faible, et qui surviennent inévitablement au cours de l’année… tout comme les charges fixes mensuelles qu’il faut néanmoins régler. La peur du manque et la précarité de leur activité représentent une pression maximale et peuvent provoquer insomnies, stress, angoisses, anxiété, fatigue…
  • Les indépendantes se doivent souvent d’être disponibles et au top 24H sur 24, afin de plaire à leurs internautes, leurs clients, leurs followers… Pas le droit à l’erreur lorsque l’on est soumis au jugement sur internet. Cela crée une véritable pression.
  • Les démêlés avec l’administration sont souvent épuisants et parfois frustrants (des heures passées au téléphone avec l’assurance maladie, les impôts…).
  • Etre enfermée chez soi, dans un cabinet ou dans un petit bureau, sans collègues de travail, cela peut vite isoler, désocialiser et mener à la sédentarité. On ne sort plus, on ne marche plus, on ne voit plus la lumière du jour, on ne parle plus à personne, hormis dans le cadre de son boulot. Cela n’est pas bon pour le poids, pour la vie sociale et pour le moral.
  • L’indépendante est souvent seule face à ses soucis, son manque de motivation, ses problèmes, ses idées ou ses joies : pas d’équipe avec qui faire un brainstroming et chercher des idées pour se sortir de la mouise, développer un nouveau projet ou prendre un café… Cela demande de la discipline et de la constance.
  • L’indépendante est en ligne directe : pas de responsable qui distribue des bons points et remonte un feed back. La reconnaissance (ou l’insatisfaction) est communiquée directement par les clients ou les internautes. Aussi, il faut se remettre en question régulièrement, sans pour autant perdre le moral. Cela demande de la flexibilité mentale et un grand équilibre personnel.
  • L’indépendante doit sans cesse faire preuve de créativité afin d’améliorer ses services, ses produits et sa compétitivité, et de rester informé dans son domaine d’activité. Cependant, ses formations sont onéreuses. C’est encore une dépense à prévoir et à provisionner. Ces personnes ont de lourdes charges et ne peuvent compter que sur elles-mêmes.
  • Il n’est pas rare qu’une indépendante cumule plusieurs activités professionnelles ou son activité et un emploi à temps partiel. Cela augmente la charge mentale et cela demande une grande flexibilité mentale.

Comment un burn out peut-il survenir ?

Après toutes ces aventures et quelques années à ce rythme, rien de plus normal que de ressentir de la fatigue, de l’irritabilité, de l’anxiété, un manque d’entrain, de patience, d’envie et de motivation, et à terme, de la lassitude.

Petit à petit, l’épuisement risque de prendre le dessus sur le plaisir que la personne ressentait à exercer son activité, et sur la passion qui la motivait. Parfois les alertes se manifestent de façon détournée, par des comportements d’évitement ou d’auto-sabordage. Mais comme elle est optimiste, elle s’accroche et persévère, ignorant les alertes que son organisme lui envoie.

Au fil du temps, la personne perd confiance en elle et les choses semblent ne plus avoir de sens. Elle n’y croit plus (ou moins). Elle déprime. Jusqu’au jour où elle commence à faire des crises d’angoisse régulièrement, à tomber souvent malade, ou à passer son unique semaine de vacances alitée car elle ne tient plus debout. Bref, elle a l’impression d’être vidée et de n’avoir plus rien à donner. Elle peut développer une allergie totale à son activité. Elle peut même avoir des idées noires (auquel cas je vous conseille de ne pas rester seul.e et de demander de l’aide immédiatement).

Voici quelques astuces afin de limiter les risques de burn out, d’en limiter l’impact et de rebondir plus facilement :

1/ On se crée des frontières : cela aide à équilibrer la vie pro et perso, à ne pas se sentir corvéable à souhait et à ne pas s’effondrer totalement, si la sphère travail ne va pas comme on le souhaite. Pour cela :

  • On se choisit des horaires de travail compatibles avec une vie privée et familiale,
  • On se crée un espace de travail, même petit,
  • On s’accorde de vraies nuits de sommeil (sans ordi et sans téléphone),
  • On s’octroie des soirées, des jours de repos et des congés: on décroche du boulot lorsque l’on est en famille, entre amis, en pleine séance de sport ou en pleine nature, et on se concentre sur le moment présent,
  • On débranche régulièrement son téléphone.
  • Chaque jour et chaque semaine, on définit ses priorités, afin de ne pas s’éparpiller.

2/ On trouve un mentor, un parrain, une marraine, une autre professionnelle, un réseau de co-workers, une amie, ou un groupe facebook, avec qui discuter organisation et stratégie, et à qui confier nos doutes et nos joies : cela permet d’échanger et cela aide à se sentir moins seul devant les problèmes. Le poids des responsabilités peut être écrasant au bout d’un moment.

3/ On évite de se dévaluer : toute peine méritant salaire, je ne crois pas au travail gratuit, sauf s’il est pleinement choisi, pour une association par exemple, si on y trouve son intérêt, si cela nous fait vraiment plaisir, ou si c’est stratégique. Sinon cela devient vite chronophage, démotivant et mauvais pour l’estime de soi.

4/ On protège son temps car c’est une denrée précieuse :

  • On utilise des outils qui aident à se simplifier la vie, à s’organiser, à ne pas perdre son temps et à en libérer pour les choses vraiment utiles ou vraiment agréables. Par exemple:
    • Le site canva.com permet de se créer facilement du design digital,
    • Google calendar,
    • Le site cleanfox.io/fr permet de se désabonner des newsletters,
    • L’appli Trello permet de gérer ses projets et ses priorités, de faire sonner des rappels, de partager des infos, etc…,
    • L’appli Wunderlist permet de créer et de partager des listes, de faire sonner des rappels, etc…,
    • Le site xambox.com permet de centraliser les documents administratifs, les contrats, les factures, etc…,
    • Le site service-public.fr permet de conserver ses documents administratifs,
    • Le site jow.fr et l’appli Jow permettent de préparer ses menus à l’avance et le panier du drive, c’est hyper pratique,
    • Un agenda familial, un agenda papier classique, un bullet journal, un cahier dans lequel on regroupe toutes les adresses et les numéros des administrations…
  • On tient ses horaires lors des séances de travail,
  • On organise sa journée rationnellement et on prévoit comment on va utiliser son temps le plus efficacement, on anticipe le temps que va prendre tel ou tel dossier, et on place des alarmes sur son téléphone,
  • On instaure une routine : on systématise certaines tâches (par exemple, on planifie ses menus, et on fait ses courses en fonction des menus, afin d’avoir toujours des déjeuners et des dîners équilibrés et rapides à préparer),
  • On apprend à dire « non », à une demande inintéressante, ou à toute autre requête chronophage qui ne nous concerne pas, qui ne nous fait pas plaisir, ou qui ne nous apporte rien.
  • On réduit le temps passé sur les réseaux sociaux et on programme une alarme lorsque l’on s’y rend (on gagne facilement 40 minutes par jour, voire plus).

5/ On n’hésite pas à se faire aider dans certains domaines qui ne nous passionnent pas, ou pour lesquels nous n’avons pas les compétences requises. Autrement, cela devient vraiment chronophage, cela peut être décourageant, et nous empêcher de nous consacrer à notre domaine de compétences. Que ce soit l’administratif, la comptabilité, le marketing digital, l’informatique, le ménage ou la logistique, nous n’avons pas toujours tous les talents et les journées n’ont que 24 heures.

6/ On veille à son hygiène de vie :

  • On l’oublie parfois, mais pour prendre soin des autres et nourrir sa créativité, il faut bien prendre soin de soi par le sport, l’alimentation, toutes les astuces bien-être…
  • On se prépare des déjeuners ou des lunch box équilibrés. On s’assoit pour déjeuner, ne serait-ce que quelques minutes. On s’accorde de l’importance.
  • On se programme régulièrement des déjeuners avec des ami.e.s, son ou sa conjoint.e. Ce sont d’agréables pauses dans des semaines bien remplies, et autant d’occasions de sortir de son petit bureau et de son isolement.
  • On se ménage de vrais temps de pause à l’extérieur et on les inclut dans son agenda: on sort, on marche un peu, on prend l’air quelques minutes. Sinon, on ne voit pas la lumière du jour et on ne fait aucun exercice.
  • On apprend à apprivoiser le stress. C’est essentiel.

7/ On se passionne pour sa vie personnelle

On conserve du temps et de la disponibilité d’esprit pour sa famille, son couple, ses amis, ses centres d’intérêt, ses passions… C’est la clé pour limiter les risques de burn out, pour en limiter l’impact ou pour rebondir rapidement. Car il est risqué de tout sacrifier pour une activité professionnelle, aussi passionnante soit-elle. Il est risqué de ne miser que sur le boulot pour être épanoui. Notre entourage et nos passions nous aident à prendre du recul. On remplit ses yeux et ses oreilles de belles choses (expos, films, pauses musicales…), cela remet souvent les choses en perspective.

8/ Enfin, lorsque l’on sent la lassitude et l’anxiété poindre, c’est qu’il est temps de faire une pause. De s’octroyer ne serait-ce qu’une journée de congés. Ainsi, on prend du recul. On laisse le temps à la motivation de revenir. Cela favorise également le retour de l’inspiration et de la créativité. Cette activité, nous l’avons pleinement choisie. Il est important de se souvenir de ce qui nous motivait au départ et de se poser quelques questions. Peut-être est-il temps de faire évoluer les choses ? De travailler autrement? De se diversifier? De s’organiser différemment ? L’avantage d’une activité indépendante, c’est que l’on peut choisir sa propre organisation en fonction de ses envies et de son évolution . Alors autant en profiter. Je vous souhaite bon courage.

 

Une réflexion sur “8 astuces pour limiter le burn out quand on travaille à son compte

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