Chaque mois, il rend visite à un grand nombre de femmes, il s’incruste parfois 2 semaines par mois, voire plus, c’est un invité insupportable, il nous casse les ovaires et on préfèrerait ne pas le croiser… C’est le syndrome prémenstruel bien-sûr !

Le syndrome prémenstruel, qu’est-ce que c’est ?

Le syndrome prémenstruel (également appelé « SPM ») désigne différents symptômes physiques et émotionnels qui surviennent 2 à 14 jours avant les règles et disparaissent avec l’arrivée des règles, ou dans les jours qui suivent.

En voici les principaux symptômes :

  • Des symptômes de dépression et/ou d’anxiété : idées noires, sentiment de voir tout en négatif, d’être très triste, d’être au bout de sa vie, d’être particulièrement émotive, abattue, irritable, le tout de façon inexplicable !
  • Des douleurs dans les seins et la poitrine gonflée,
  • Une prise de poids, la rétention d’eau, les jambes gonflées, des ballonnements,
  • Des désordres intestinaux (nausées, constipation…),
  • Des maux de ventre importants,
  • Des maux de tête importants, une migraine cataméniale (la migraine menstruelle particulièrement intense et coriace, celle qui perdure en dépit des triptans),
  • Des troubles du sommeil (insomnie, hypersomnie),
  • D’intenses douleurs dans le bas du dos, des douleurs musculaires et/ou articulaires,
  • Des problèmes de peau grasse et d’acné inflammatoire (non ce n’est pas une question d’hygiène personnelle, contrairement à ce que certains médecins prétendent, lorsque les hormones sont derrière ce problème, rien n’y fait),
  • Une grande fatigue, un manque d’entrain, d’énergie et de motivation,
  • Des fringales, des envies de sucre et de nourriture réconfortante,
  • Une baisse de libido,
  • Le sentiment d’être mal dans sa peau, etc…

Le SPM est transitoire, en principe, mais il est particulièrement pénible et peut s’avérer invalidant, surtout lorsque sur un mois, une femme passe plus de temps en état de SPM que dans son état normal.

Le SPM est souvent mal compris

Le SPM n’est pas qu’un mal de ventre supportable, ni un petit coup de fatigue et une légère irritation, ni un simple inconfort, comme de nombreuses femmes peuvent le vivre juste avant leurs règles, ce qui est naturel. Nous parlons ici de symptômes plus intenses, plus durables et plus invalidants. Parfois, le SPM ne laisse aux femmes que quelques jours de répit dans le mois. Cela n’est pas ce que je qualifie de « normal ».

Et non, ce n’est pas une question de mauvaise volonté, de paresse, ou encore « d’hystérie ». Même la femme la plus dynamique et la plus joyeuse du monde peut se trouver très abattue en période de SPM.

Malheureusement, les femmes doivent souvent lutter pour qu’un SPM leur soit diagnostiqué, car, dans l’esprit de certains médecins (hommes comme femmes), il est « normal » de souffrir quand on va avoir ses règles et quand on les a. Par exemple, ces médecins vont qualifier de « tension nerveuse naturelle » des symptômes de dépression particulièrement invalidants et durables. Du reste, comme la contraception hormonale «efface» généralement les mouvements naturels du cycle féminin, dont certains symptômes du SPM, les médecins proposent presque systématiquement la pilule contraceptive aux femmes qui les consultent pour un syndrome prémenstruel. Même lorsque celles-ci ne souhaitent pas prendre de contraception hormonale.

Heureusement, il n’y a pas que la pilule qui peut aider les femmes à soulager leur SPM.

Quand le SPM apparaît-il ?

Le SPM survient en phase prémenstruelle, c’est-à-dire du jour 23 au jour 28 de cycle, en moyenne cinq jours avant l’arrivée des règles. Mais les symptômes peuvent survenir une semaine ou même deux semaines avant les règles, selon l’intensité du SPM. En principe, il doit se dérouler au moins une semaine sans symptômes pour qu’un SPM puisse être identifié.

Mais, les dates et la durée de chaque cycle et de chaque phase sont très variables selon les femmes et les périodes de la vie. De plus, le cycle menstruel peut être perturbé par la privation de sommeil, le stress, l’anxiété, le sport à outrance, une forte perte de poids ou une prise de poids, un déménagement, un retour de couches, une maladie, un changement de vie, l’arrivée d’un bébé, l’allaitement, un choc émotionnel, un voyage, les vacances, etc…

Le SPM peut apparaître dès qu’une jeune fille entre dans la puberté. Si vous n’êtes pas sous contraception hormonale, ou sous traitement hormonal, le SPM peut réapparaître chaque mois. Il peut s’intensifier et se renforcer après les grossesses, ou en période de préménopause, par exemple. Les femmes se découvrent parfois un SPM vers 30 ans, lorsqu’elles arrêtent leur contraception hormonale. Leurs corps fonctionnent alors « au naturel ».

De ce fait, 20 à 30 % des femmes ressentiraient des symptômes douloureux et incommodants, au point d’interférer avec leurs activités quotidiennes, de devoir prendre des médicaments et parfois de les obliger à se reposer.

Le Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDP)

2 à 6 % des femmes seraient touchées par le trouble dysphorique prémenstruel (ou Dysphorie Prémenstruelle), qui désigne un syndrome prémenstruel si intense qu’il provoque des symptômes émotionnels et psychologiques importants. Il s’agit des symptômes du SPM, dans leur forme sévère et intense : humeur dépressive, anxiété, crises d’angoisse, troubles émotionnels, envie de rien du tout, sentiment de mal-être et de désespoir, idées noires, forte sensibilité à la critique et au rejet, acné importante et inflammatoire, prise de poids, rétention d’eau, troubles de la libido, pleurs, grande fatigue, douleurs dans le bas du dos, maux de ventre, migraines, douleurs dans la poitrine, poitrine qui gonfle, constipation XXL, envie de manger… Ce trouble peut s’éterniser plusieurs semaines et provoquer une aménorrhée (une disparition transitoire des règles). Les symptômes sont intenses, presque hors de contrôle. Les femmes ont l’impression que la situation leur échappe et que leur corps est resté « bloqué » à cette étape.

Pourquoi le SPM apparaît-il ?

Tous les mécanismes du SPM ne sont malheureusement pas connus, mais on pense qu’il serait causé par un déséquilibre prononcé des hormones sexuelles féminines, l’œstrogène et la progestérone : il y aurait un excès d’œstrogènes et/ou un manque de progestérone.

Comment ?

Au cours du cycle, les taux d’œstrogène et de progestérone fluctuent, mais, en principe, ces taux d’hormones s’équilibrent l’un et l’autre.

À l’étape prémenstruelle, un « déséquilibre hormonal raisonnable » est naturel : le taux d’œstrogène a diminué, et en l’absence de grossesse, le taux de progestérone diminue également. C’est ce qui permet à notre corps de se préparer à éliminer « les règles » : soit l’ovocyte non fécondé, la paroi de l’endomètre et le sang. Cela provoque souvent un léger gonflement des seins et des crampes. Ainsi, 75 % des femmes ressentiraient des symptômes « légers », désagréables mais supportables, à l’approche de leurs règles. Mais ces symptômes inconfortables sont en principe compensés par la progestérone.

En cas de SPM, ou si les femmes ont un organisme particulièrement sensible à ces variations hormonales, alors le taux de progestérone est particulièrement bas, et le taux d’œstrogènes est trop élevé. C’est ce déséquilibre hormonal important qui provoquerait des troubles physiques divers et variés cités plus haut, ainsi qu’une diminution du taux de sérotonine dans notre cerveau, provoquant des troubles émotionnels (anxiété, irritabilité, déprime…).

À quoi est dû ce déséquilibre hormonal ?

Au cours de notre vie, notre corps peut produire des œstrogènes de façon excessive :

  • lorsque notre foie n’assure plus, ou moins bien sa fonction de filtrage et ne parvient pas à éliminer parfaitement les œstrogènes ;
  • Lorsque notre microbiote (ou flore intestinale) est perturbé et ne peut plus faire son travail dans nos intestins ;
  • Lorsque nous souffrons d’un manque important et chronique de magnésium : la fatigue, la privation de sommeil, le stress et l’anxiété provoquent des pertes en magnésium, et c’est un véritable cercle vicieux ;
  • Lorsque nous sommes stressées et anxieuses ;
  • Lorsque nous consommons trop d’aliments sucrés, de produits laitiers, de viande (surtout de la viande non bio), de sodas, de nourriture industriellement transformée, etc…
  • Si nous vivons dans un environnement pollué. Et nous vivons généralement dans un environnement saturé de perturbateurs endocriniens (les eaux polluées par les résidus de pilules contraceptives, les plastiques, l’air que nous respirons, les revêtements des murs, les meubles, la peinture, les produits cosmétiques, les produits ménagers et les canettes, l’alimentation chargée en pesticides, etc.).
  • Si nous avons un problème de thyroïde ;
  • Lorsque nous sommes privées de sommeil (après la naissance d’un bébé par exemple, ou si nous avons un travail en horaires décalés) ;
  • Si nous souffrons d’une pathologie comme l’endométriose;
  • Si nous fabriquons des œstrogènes en excès à partir de notre tissu adipeux (c’est alors un cercle vicieux : trop de tissu adipeux donc trop d’œstrogènes, donc prise de poids, donc trop de tissu adipeux, etc…).

Tout cela peut avoir des conséquences sur notre système endocrinien.

Les autres facteurs de risque du SPM sont le tabagisme, la sédentarité, l’alcoolisme et l’hérédité.

Que faire pour rééquilibrer nos hormones ? Comment prévenir et soulager le SPM?

Le fonctionnement du corps des femmes est presque entièrement régulé par les hormones et par la sensibilité aux hormones. Ce sont deux choses que nous ne contrôlons pas vraiment et qui déclenchent des réactions en chaîne. Toutefois, nous pouvons redécouvrir le mécanisme de notre nature cyclique, tout en essayant de limiter notre exposition aux facteurs aggravants. Il est bon de nous réapproprier ce savoir autour de la physiologie féminine, des plantes et des pratiques bénéfiques à notre santé et à notre bien-être. Nous pouvons également traiter chaque symptôme (la constipation, la rétention d’eau, les problèmes de peau, les migraines, les variations de l’humeur, etc…) indépendamment, afin de les faire diminuer en intensité.

Voici quelques idées à intégrer à la routine bien-être :

  • Le magnésium, les vitamines du groupe B, l’huile d’onagre et les omégas 3 sont les amis des femmes :

N’hésitez pas à vous supplémenter en vitamines du groupe B et en magnésium glycérophosphate. Cela n’est jamais « du luxe » dans la vie d’une femme. Le magnésium glycérophosphate est excellent pour prévenir et soulager le SPM (la marque « D Stress »). Insistez auprès de votre pharmacie, car il existe différents types et différentes marques de magnésium. Vous pouvez en prendre au quotidien. Si je n’avais qu’un seul produit à vous conseiller, ce serait celui-ci.

L’huile d’onagre est particulièrement indiquée pour prévenir et soulager le SPM. Sous forme de gélules, elle est très facile à consommer.

Les gélules d’oméga 3 aident les femmes à équilibrer les troubles émotionnels.

Avec ce petit cocktail, vous devriez déjà constater une vraie différence et une véritable amélioration après quelques semaines.

  • L’activité physique est notre indéfectible alliée :

Même lorsque nous nous sentons très fatiguées, quelques jours avant les règles ou lorsque nous avons mal partout, si nous faisons un peu d’exercice physique (du yoga, de la danse, de la marche…), cela nous est très bénéfique ! Cela atténue beaucoup les symptômes du syndrome prémenstruel et nous aide à traverser cette période avec moins de dommages. En effet, l’activité physique améliore notre circulation sanguine. Nos organes sont alors mieux irrigués, ce qui nous est très bénéfique. Nous sécrétons également des endorphines qui nous aident à nous détendre. Cela atténue les effets du stress et de l’anxiété ressentie. Si nous pratiquons une activité qui nous procure de la joie, cela aide à faire arriver les règles et à mettre fin à un interminable SPM.

  • Nous pouvons prendre soin de notre foie :

Un foie fatigué ou surchargé n’assure plus correctement ses fonctions hépatiques : il évacue plus difficilement les toxines et l’excès d’œstrogènes. Vous pouvez notamment utiliser du pissenlit, dont la racine aide le foie à se drainer et à faire un travail de «détox».

  • Nous pouvons adopter une alimentation anti inflammatoire en période critique:

Nous pouvons diminuer les sucres, les produits laitiers, les graisses saturées, la viande non bio, l’alcool, les sodas (sucrés ou contenant de l’aspartam).

  • Nous pouvons consommer davantage :
    • de fibres,
    • d’eau et de tisanes,
    • de graisses insaturées (comme l’huile d’onagre, de bourrache, de colza, de lin),
    • d’aliments riches en magnésium (des légumes verts, des céréales complètes, des oléagineux, des légumineuses, du chocolat noir, du germe de blé, de l’eau minérale comme l’Hépar®)
    • d’aliments riches en vitamine B6 (des légumineuses, des céréales complètes ou semi-complètes, des bananes, des oléagineux comme les pistaches, des pommes de terre, de la viande et du poisson bio, des fruits de mer…)
    • d’aliments riches en oméga 3 (les poissons gras par exemple).
  • Nous pouvons consommer des plantes et des végétaux « amis des femmes » :
    • L’achillée millefeuille, l’alchémille et le gattilier produisent un effet qui ressemble à celui de la progestérone.
    • La camomille allemande est idéale lorsque vous vous sentez stressée, irritée, hypersensible, irascible. La camomille a des vertus anti-inflammatoires et calme les douleurs de dos liées au syndrome prémenstruel et aux règles.
    • La tisane de feuilles de framboisier a des vertus tonifiantes de l’utérus, alcanisantes, nutritives et harmonisantes du cycle féminin. C’est certainement l’une de plantes les plus bénéfiques pour les femmes. Le framboisier aide à nourrir et à apaiser les tissus des organes féminins. Elle peut notamment être utilisée en période prémenstruelle et en toute fin de grossesse.
    • L’achillée stimule le foie, amène du mouvement dans le bassin, et peut donc aider à déclencher des règles qui mettent du temps à arriver. Riche en tannins et en phytostérols, elle diminue les règles trop abondantes ;
    • Le gingembre stimule la circulation sanguine et soulage les nausées.
    • L’angélique contient des phyto-œstrogènes et réchauffe l’organisme, apaise les contractions de l’utérus et stimule la circulation.
    • L’ortie, riche en minéraux et en fer, peut vous aider en cas de règles très abondantes, elle augmente l’oxygénation du sang.
    • Le pavot de Californie (eschscholtzia), l’aubépine, le houblon, la valériane, la passiflore, la verveine, la camomille : toutes ces plantes sont apaisantes, anxiolytiques et sédatives.
    • La lavande, réputée pour ses vertus réconfortantes, apaise les spasmes, détend les muscles, aide à s’endormir et calme les sensations de stress et d’anxiété. Diluez quelques gouttes d’huile essentielle (HE) de lavande dans une huile neutre (jojoba ou amande douce) et effectuez un massage doux sur votre abdomen. Diffusez de l’HE de lavande dans un diffuseur pour profiter de ses vertus.

Avant de vous tourner vers des traitements hormonaux, n’hésitez pas à essayer ces astuces pendant quelques mois, et à voir ce qui vous convient le mieux.

 

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